#Cannes2022 : El Agua, les fantômes des filles maudites

El Agua est l’opéra Prima d’Elena Lopez Riera. Un long-métrage pour lequel elle a choisi de raconter à sa manière les légendes qui hantent son village natal.

Rencontre avec l’équipe de El Agua

Présenté à la quinzaine des réalisateurs, El Agua  était le seul film espagnol de la sélection. Un long-métrage touchant qui touche par sa sincérité et qui intrigue par son mystère. En effet, le point de départ de l’histoire est une légende que l’on se transmet de génération en génération autour de l’amour et de l’eau…

Synopsis : C’est l’été dans un petit village espagnol du sud-est. Une tempête menace de faire déborder à nouveau la rivière qui le traverse. Une ancienne croyance populaire assure que certaines femmes sont prédestinées à disparaître à chaque nouvelle inondation, car elles ont « l’eau en elles ». Une bande de jeunes essaie de survivre à la lassitude de l’été, ils fument, dansent, se désirent. Dans cette atmosphère électrique, Ana et José vivent une histoire d’amour, jusqu’à ce que la tempête éclate.

Rencontre avec les deux femmes de El Agua :

El agua, c’est au départ le projet d’une femme cinéaste : Elena López Riera qui a co-écrit le scénario avec Philippe AZOURY qui fait au passage une petite apparition dans le film. Nous avons rencontré Elena à l’issue de la projection. L’occasion pour nous de décrypter ces fameuses légendes de l’eau…

L’autre femme de ce film est une jeune adulte qui n’aurait jamais imaginé être l’actrice principale d’un long-métrage. Luna Pamies était un peu impressionnée par l’agitation autour d’elle, mais elle nous a livré ses impressions.

La critique de la rédaction

El Agua est l’opéra prima d’Elena Riera Lopez et surtout un film très personnel. En effet, la réalisatrice l’a annoncé dès la première projection : « El Agua est un long-métrage qui a été fait avec beaucoup d’amour ». Elle a choisi de tourner dans son village natal avec pour comédiens des acteurs non-professionnels qui ont été recrutés autour d’elle. Un pari réussi car ce que l’on retient en le découvrant c’est ce côté sincère et authentique notamment de la jeune comédienne Luna Pamies. Si elle est timide en interview, elle est en revanche bluffante dans son rôle. On suit donc le quotidien de cette jeune adulte qui rêve d’une vie quelle n’arrive pas à définir et on éprouve immédiatement de l’empathie pour elle.

L’eau traduit ses angoisses et ses peurs et elle se raccroche à ses légendes qui ont été ancrées dans le réel. La majeure partie de ses « histoires » concernent le corps et le sexualité de la femme. Des tabous qui sont soulevés avec pudeur tout au long du film. 

L’autre aspect plutôt audacieux de ce film est le désir de la réalisatrice de mêler fiction et documentaire. Ainsi, des vrais témoignages se glissent dans l’histoire tout comme des images d’innondations. Un choix assumé par la cinéaste qui s’est d’abord fait connaitre avec des documentaires. 

La légende existe et elle a été quelque peu modifiée. Des inondations successives, outre les images des animaux morts et les histoires de personnes disparues.

Enfin, on salue la participation de Barbara Lennie dans un rôle loin de ceux dans lesquels on l’a vu jusqu’ici et qui s’est investie dans ce beau projet familial. Barbara Lennie  est connue en Espagne. Elle a joué dans La piel que habito (2011) de Pedro Almodóvar, Everybody Knows (2018) de Asghar Farhadi, ainsi que dans Petra (2018) de Jaime Rosales.

Et la suite, après El Agua ? Elena Lopez Riera a répondu : « Le fantastique, encore. J’aimerais aller vers une histoire de fantômes… »

El Agua devrait prochainement sortir sur les écrans français. En attendant, on vous invite à découvrir nos interviews ainsi que la captation réalisée lors de l’avant-première cannoise ! En attendant, vous pouvez suivre Luna Pamies sur les réseaux sociaux.

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