Le désir est le nouveau thriller sensuel disponible sur Netflix. Cette coproduction entre l’Espagne et le Mexique réunit Óscar Casas et Ludwika Paleta dans une histoire d’adultère où passion, manipulation et obsession s’entremêlent. Présenté comme une réflexion sur le désir féminin, le film parvient-il réellement à dépasser les codes du thriller caliente popularisé par Netflix ?

Depuis plusieurs années, Netflix multiplie les thrillers sensuels et les romances érotiques. De Oscuro deseo à Faux profil, en passant par Toy Boy ou encore À travers ma fenêtre, la plateforme a fait de ce genre un rendez-vous régulier pour ses abonnés. Des productions qui misent souvent sur l’attirance, le mystère et les scènes sulfureuses pour captiver le public quelques fois au détriment de la profondeur du récit. Toutefois, avec Désir, Netflix promet cette fois une œuvre qui s’intéresse aussi au désir féminin et à ses contradictions. Une promesse que le film tient-il vraiment ?
Désir : de quoi parle le nouveau thriller de Netflix ?
Le désir ou El deseo est le premier film en tant que réalisatrice de Teresa Simone qui a choisi de proposer aux abonnés de la plateforme sa vision du désir féminin à l’approche de la cinquantaine.
Synopsis : Lucero semble avoir tout pour être heureuse : une carrière brillante d’avocate, un mari attentionné et deux enfants. Son quotidien bascule lorsqu’elle entame une liaison avec Matías, le jeune entraîneur de natation de sa fille. Ce qui débute comme une passion interdite se transforme rapidement en une spirale de mensonges, de jalousie et de manipulation. La situation devient encore plus explosive lorsque sa propre fille développe elle aussi des sentiments pour Matías, faisant naître un triangle amoureux aux conséquences dramatiques.
Depuis plusieurs années, Netflix recycle une recette bien connue : une relation interdite, une forte tension sexuelle, un soupçon de thriller et des personnages prêts à tout pour protéger leurs secrets. Le désir s’inscrit à la perfection dans la continuité de ce qui est désormais la tradition marketing de la plateforme.
Óscar Casas et Ludwika Paleta réunissent deux générations d’acteurs :
L’une des curiosités de Désir réside dans son duo principal. D’un côté, Óscar Casas, figure montante du cinéma espagnol. De l’autre, Ludwika Paleta, actrice incontournable des telenovelas et de la fiction mexicaine depuis plus de trois décennies. Deux trajectoires très différentes qui se croisent pour la première fois dans cette coproduction entre l’Espagne et le Mexique.
À seulement 27 ans, Óscar Casas n’est plus seulement « le petit frère de Mario Casas ». Après avoir débuté enfant devant la caméra, il enchaîne les rôles au cinéma et à la télévision avec Jaguar, Xtremo, Instinto où il partage d’ailleurs l’affiche avec son frère –, avant de franchir une nouvelle étape avec Mi soledad tiene alas. Réalisé par Mario Casas, ce drame lui permet de défendre un personnage plus complexe et confirme son évolution vers des rôles plus adultes.
Face à lui, Ludwika Paleta apporte une tout autre expérience. Née en Pologne mais installée très jeune au Mexique, elle est devenue l’un des visages les plus populaires de la télévision mexicaine grâce à des telenovelas cultes comme Carrusel, avant de diversifier sa carrière au cinéma et sur les plateformes de streaming. Les abonnés de Netflix l’ont notamment retrouvée dans Madre solo hay dos, où elle révélait une facette plus légère de son jeu.
Sur le papier, cette rencontre entre deux générations et deux univers pouvait intriguer. Pourtant, à l’écran, l’alchimie peine parfois à convaincre. La différence d’âge entre les personnages constitue évidemment l’un des moteurs du récit, mais la relation entre Lucero et Matías manque par moments de naturel. Là où le film cherche à installer une passion irrésistible capable de bouleverser la vie de son héroïne, la dynamique entre les deux acteurs reste souvent plus fonctionnelle qu’intuitive, ce qui atténue l’intensité émotionnelle de certaines scènes.
Le casting de Désir témoigne également d’un renouvellement générationnel. Si Óscar Casas poursuit son évolution vers des rôles plus adultes, Pilar Pascual emprunte un chemin similaire. Révélée dans les séries adolescentes de Netflix, Poursuis tes rêves puis L’Été à Cielo Grande, l’actrice argentine s’aventure ici sur un terrain beaucoup plus mature. Un changement de registre qui contraste avec l’image que les abonnés de la plateforme avaient d’elle jusqu’à présent.
La critique de la rédaction :
Au premier abord, le désir semble cocher toutes les cases du thriller sensuel façon Netflix. Une femme mariée depuis plusieurs années, un couple qui s’essouffle, un homme plus jeune qui fait renaître un désir enfoui… Les premières minutes installent une intrigue assez classique un brin caricaturale par moments, en reprenant des codes que la plateforme a déjà largement exploités dans ses productions récentes.
Pour autant, le film ne se résume pas à cette mise en place. Sans révolutionner le genre, le scénario prend progressivement une direction plus inattendue. À mesure que Lucero découvre de nouveaux éléments, l’histoire s’éloigne de la simple chronique d’un adultère pour glisser vers un thriller psychologique. Une évolution qui fonctionne plutôt bien et qui évite au récit de devenir trop prévisible. Là où de nombreux thrillers érotiques misent avant tout sur la provocation, Désir cherche davantage à maintenir le suspense, quitte à dérouter le spectateur.
Si le film n’échappe pas à certains clichés inhérents au genre, il parvient malgré tout à dépasser son point de départ. Sans être une révolution, le désir constitue une proposition plus solide qu’il n’y paraît et réserve quelques surprises à ceux qui accepteront de dépasser sa première impression.
