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Projecteur sur la saga Carmina

Le 7 novembre dernier a sonné le coup d’envoi du 13ème festival du Cinéma espagnol de Marseille. Cet évènement en plein essor et détenant un partenariat non négligeable avec le prestigieux festival de Malaga a proposé une nouvelle fois une sélection innovante et surprenante (voir article Palmarès de la 13e édition).

Nous avons choisi de nous arrêter sur le film d’ouverture Carmina y Amén.

Carmina y Amén est la suite de Carmina o Revienta, le premier film en tant qu’auteur et réalisateur de Paco León. Cet acteur comique est connu pour le rôle de Luisma dans la série Aida nous plonge dans son monde avec ses deux œuvres inclassables et si réalistes. On vous propose une petite retrospective de cette série qui ne laisse personne indifférent.

Un premier opus qui a trouvé son public

Carmina o revienta est le premier long-métrage espagnol a avoir été diffusé simultanément dans les salles de cinéma et sur internet. Sorti en 2012 avec un budget de seulement 40 000 euros, il s’inscrit comme étant une révolution du numérique dans un pays où le téléchargement illégal est un problème de plus en plus important.

Carmina o revienta nous permet de nous plonger dans le quotidien de Carmina, une femme de 58 ans, gérante d’un commerce au cœur de Séville. Elle nous livre en toute simplicité ses humeurs et ses confidences installée dans sa cuisine. Issue d’un milieu modeste, on découvre que son commerce est victime de vols réguliers et que son assurance trouve toujours une raison pour ne pas l’indemniser. Pour sortir sa famille de la galère, elle organise un stratagème pour que l’assurance lui rende ce qu’elle ne lui a jamais remboursé. On découvre alors sa famille, Camina nous parle de ses 3 enfants et on découvre sa fille María. A 22 ans elle est loin d’avoir une vie organisée. Pourtant, elle est mère d’une petite fille Marina. Carmina vit avec son mari Antonio qui a un penchant pour l’alcool et une santé plutôt fragile.

Carmina Barrios détient le premier rôle et se retrouve pour la première fois devant la caméra offrant ainsi tout son talent pour son fils : Paco León. Elle partage l’affiche avec sa fille Maria León, une actrice qui a déjà montré son talent dans de nombreuses séries (la Tira, SMS, Con el culo al aire), mais aussi dans le film la Voz domida.

Ce film a décroché pas moins de 3 récompenses au 15ème festival de Malaga dont celui de la meilleure actrice pour Carmina Barrios, celui du meilleur film, le Prix spécial du jury et le Prix du public. Il a aussi obtenu 3 nominations au Goya. Sur le plan international, il a surtout séduit les festivals de films indépendants et a été projeté dans pas moins de 6 pays et notamment le Portland International Film Festival aux Estats-Unis.  En France, il a été sélectionné par le festival Visions Sociales qui se déroule chaque années en parallèle du festival de Cannes.

Carmina y amén :

Ce second film, toujours écrit et réalisé par Paco León, nous permet de retrouver Carmina cette fois dans une situation grave puisque son mari Antonio vient de mourir dans le salon de leur appartement. Désespérée dans un premier temps, elle appelle sa fille María. Mais au lieu de contacter les urgences, Carmina convainc sa fille de garder sous silence la mort d’Antonio afin de toucher la prime exceptionnelle que le défunt doit percevoir dans deux jours. Les deux femmes vont tout faire pour garder leur secret et cacher le corps aux amis et voisins envahissant du quartier.

Encore récompensé au festival de Málaga, il obtient le Biznaga de Plata pour le meilleur scénario et la meilleure actrice secondaire : Yolanda Ramos. Sa carrière internationale démarre fort. En octobre dernier, il a été sélectionné par le prestigieux festival du film de Miami et vient d’être primé au Cine Horizonte de Marseille.

Ces deux volets ont été tourné comme des documentaires avec des témoignages face caméra, des plans larges et des caméras embarquées renforçant ainsi le réalisme de ces personnages surréalistes. Le comique qui qualifie Paco Léon avec sa façon si particulière de retranscrire un malètre de cette société qui a l’impression de ne pas être entendue fait de ses productions des œuvres singulières. Entre rire et émotion, on partage les problèmes des protagonistes et on est véritablement intégré à cette histoire qui au fond n’est pas si éloignée de la réalité…. Une vraie fausse télé-réalité qui va vous surprendre.

Malgré les bonnes critiques et les différentes sélections dans des événements prestigieux, aucun des deux opus n’est sorti en France dans les salles ou même en dvd.

Nous vous invitons à découvrir ces deux films et suivre le festival Cine Horizontes et pour les chanceux vivant à Marseille de profiter des projections. Vous pouvez consulter le palmarès sur notre site. 

En attendant bon ciné !

Pilar
Pilar
Bailarina, estilista, fashion compradora amante de la cocina, soñadora y amante de la vida.

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