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#Masterclass : Javier Bardem se livre à son public

Présent durant trois jours au festival du cinéma espagnol de Nantes, Javier Bardem a fait sensation. Présentation de ses plus grands films, discussions avec son public, le point fort fut surtout un master class. Un événementdurant lequel l’acteur s’est livré durant plus d’une heure sur les plus grandes étapes de sa carrière.

José Luis Rebordinos, le directeur du prestigieux festival de San Sebastian est revenu sur la carrière de Javier Bardem. Une véritable immersion dans la vie de l’acteur. Malheureusement, aucune caméra hormis celle des organisateurs n’était autorisée à immortaliser cette rencontre…

En revanche, nous avons retranscrit pour vous les meilleurs moments et capté quelques instants afin que vous puissiez vous rendre compte de l’engouement qu’à suscité ce grand acteur espagnol !

Javier Bardem une vision du métier de comédien insufflé par sa mère Pilar Bardem :

Pour moi c’est très important de rire. Ma mère ne prenait rien au sérieux et c’est primordial dans cette profession. Si un acteur se prend au sérieux, l’art disparaît et il ne reste que le protagoniste.  Les acteurs ont tendance à s’imposer devant le personnage par conséquent, il est difficile de voir de bons personnages face à des acteurs vaniteux. C’est le premier principe que l’acteur doit surmonter : son besoin d’être applaudit !

Ma mère a dû lutter en étant mère célibataire dans une Espagne franquiste et en étant actrice. Elle m’a tout appris sur la vie et sur l’instabilité de cette profession. Je l’ai vu pleurer devant un téléphone qui ne sonnait pas durant deux ans ou recevoir des prix pour son travail. C’était mon vaccin contre le bien et le mal du succès. J’ai été éduqué dans un tourbillon de positif et de négatif. Être acteur c’est un travail qui nous donne à manger, mais aussi quelque chose de sacré. C’est une forme de militantisme pour vivre et raconter ce qu’est la vie. Ce n’est pas un Métier que l’on fait mais que l’on vit et pour lequel on souffre. C’est le métier qui nous fait grandir. 

Le souvenir son premier rôle à la télévision…

J’avais 5 ans et l’enfant qui devait jouer ce rôle est tombé malade. Ma mère a dit j’ai un enfant. Dans cette scène, je jouais avec deux hommes qui avaient un pistolet et je devais rire, mais j’ai pleuré. Le réalisateur m’a qualifié d’acteur dramatique, mais je n’ai jamais été payé (des rires).

Bigas Luna, le réalisateur qui le fait débuter au cinéma !

Je dois à Bigas une carrière et une femme car j’ai connu ma femme dans Jamon Jamon. Elle était mineure à l’époque et ça a été le coup de foudre.
On a travaillé ensemble trois fois par le suite. Toutefois, ce film serait peut être interdit de nos jours. En effet, nous vivons dans cette époque d’hypersensibilité où tout le monde est susceptible d’être coupable ou blessé. Je me demande aujourd’hui quel film ferait Bigas Luna. C’est une réflexion sur l’art. On jugerait certains artistes de manière rétrograde.

Une carrière jouer les méchants :

Je joue les méchants à cause de mon visage. J’aime la fissure qu’il y a dans la figure du méchant. C’est un défit de donner un sens pour qu’on éprouve de l’empathie sans juger mais pour comprendre.  Le plus facile est de dire je ne suis pas comme ça, mais quelqu’un qui a fait des atrocités est un homme comme les autres et il faut réfléchir sur ce qu’il se passe dans son esprit.

Almodovar et Amenabar

Pour jouer en fauteuil roulant j’ai été deux mois avec les joueur de handicap basket de Madrid. J’ai pu voir la société d’une autre hauteur. D’ailleurs, lorsque nous sortions, je restais en fauteuil.

Les débuts à Hollywood :

Avec le film indépendant Avant la nuit, de Julian Schnabel, le voici propulsé tête d’affiche d’un biopic américain :

Après avant la nuit il y a du travail qui commence à arriver et c’est pour cette raison que j’ai continué de travailler là-bas. Dans le cas contraire, je n’aurais pas déménagé car c’est dure de recommencer aux Etats-Unis.

Je ne parlais pas anglais et j’avais seulement 20 jours pour me préparer mais ce fut un tournage très drôle mais j’ai pu travailler vraiment bien. C’est le personnage le plu éloigné de moi. 

Sa relations avec Robert De Niro :

Le festival de San Sebastian me propose de remettre le prix d’honneur à Robert De Niro. J’ai voulu écrire moi-même le discours. Pour cela, j’ai vu tous ses films en 2 jours. J’ai écrit deux pages de présentation et le jour J je me retrouve face à une salle de 2700 personnes. Je donne à Robert De Niro la traduction pour qu’il puisse lire ce que j’ai préparé. Il fait une tête étrange en lisant. Je me rend compte qu’il n’a pas apprécié mon discours, mais il est trop tard pour changer. Je dois donc lire à la salle un pitch en honneur de Robert De Niro tout en sachant qu’il n’a pas apprécié et je lui remets le prix. Il sort en me disant thank you.
J’ai cru mourrir (des rires).

Durant la soirée, on mange avec lui. Ma mère Pilar l’adore et se jète sur lui en lui disant qu’il est beau, qu’elle l’aime…. Je ne savais plus où me mettre. Et voilà ma relation avec Robert. Néanmoins, je l’ai revu par la suite et il m’a tout pardonné surtout ma mère (des rires).

Comment fais tu pour quitter un personnage ?

Je les porte tous sur moi (des rires). Je me suis cassé le doigt durant le tournage de Extasis de Mariano Barroso. A l’époque, j’avais 26 ans et durant le premier jour de tournage, on devait me taper avec une barre de métal lors d’un braquage. On en avait prévu une fausse en caoutchouc et j’en ai voulu une en métal. On me frappe et du sang gicle. Toute le monde sur le plateau est en stupeur. C’était mon doigt et j’ai mis un mois à m’en remettre…

Lorsque je devais jouer un vagabond, j’ai dormi dans la rue, tenté de voler dans une maison sur la plage et les chiens me poursuivait. Lorsque je suis arrivé sur le tournage, le réalisateur a dit : “il est trop sale il faut le maquiller”.

J’ai appris qu’il fait tout laisser à la maison. Le véhicule de l’acteur est de mettre ses émotions au service du personnage. Il y a des choses qu’il faut réussir à maintenir comme un accent, mais je ne supporte pas l’acteur qui passe ses journées à réfléchir.

Caroline
Caroline
Cinéaste passionnée par l'audiovisuel latino.
http://lamonteeiberique.com

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