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Hugo Becker : « Bajo Sospecha est mon premier projet en Espagne »

Hugo Becker est la surprise française de la seconde saison de Bajo Sospecha. Alors que la série cartonne avec plus de 3 millions de téléspectateurs chaque semaine, Hugo a accepté de répondre à quelques questions sur la fiction, ses projets et sa carrière fort prometteuse dans le milieu de l’audiovisuel. 

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1/ Peux-tu nous présenter ton personnage dans Bajo Sospecha? 
C’est toujours un peu difficile de le présenter en quelques phrases, il vaudrait mieux voir la série. C’est un thriller dans lequel le personnage évolue pendant 10 épisodes de 70 minutes. Mais en quelques mots, c’est un flic infiltré en tant que médecin légiste dans un hôpital, totalement dévoué à son métier, habitué à travailler en solo et qui va devoir faire équipe avec un autre flic espagnol infiltré (Yon Gonzalez), pour résoudre des disparitions qui s’enchainent dans cet hospital sans que l’on trouve ni coupable ni explication. Les deux ont un caractère trempé, les deux sont plutôt brillants, très impliqués, n’ont pas de vie privée, et pas mal de points communs au niveau familial. Ce qui explique surement qu’ils ont la même tendance à se charrier. Bref, mise à part leur apparence physique, je crois que la vraie différence réside dans le fait que l’un soit plus raisonné, et l’autre plus impulsif.
2/ Comment un comédien français arrive-t’il à avoir une carrière aussi internationale que la tienne?
Ça fait juste 5 ans que je suis sorti d’école, c’est un peu tôt encore pour utiliser le mot « carrière ».En ce qui me concerne, je suis encore en train de faire mes armes. International, ça me fait rire de l’entendre, je n’ai pas travaillé en chinois ni en japonais. Mais c’est vrai que j’ai eu la chance de travailler dans plusieurs projets en anglais, principalement le film de Whit Stillman, la série Gossip Girl, et une série assez démente pour la BBC où je jouais un footballeur. En espagnol, c’est une première, et je reconnais que j’espérais que ça arriverait, mais c’est plus des opportunités qui vous arrivent et qu’il faut saisir, c’est compliqué de les provoquer. Là, notamment, ils avaient écrit ce projet et ils sont venus me chercher ensuite.  Pour répondre à la question posée, le vrai enjeu c’est que les bonnes personnes sachent qu’on est capable et qu’on a une maitrise d’une langue étrangère. Ensuite, il faut faire le projet, le faire bien et surtout qu’il fonctionne. Si tout cela est réuni, alors il est très probable qu’on nous rappelle et qu’on nous propose d’autres projets. J’ai eu cette chance-là jusqu’à présent.

Pour l’anglais, j’ai étudié en Angleterre (RADA), et aussi avant plus jeune en échange en Australie, je devais avoir 12-13 ans. Pour l’espagnol, c’était ma langue principale à l’école, et je passe toute une partie de mes étés depuis enfant dans un petit village de Mallorca, j’en profite donc pour remercier notamment mon cousin mais aussi le reste de ma famille de ce côté-là. Avec ce même cousin, on a aussi fait les 400 coups dans des voyages roots backpack en Amérique du Sud.

4/ Comment s’est passé ton intégration à la série? As-tu eu l’occasion de voir la première saison? 
Chaque saison est totalement indépendante. Du coup, c’était un nouvel univers pour tout le monde.
Oui, j’ai vu la première saison, bien sûr, c’est aussi et même surtout pour ça que j’ai eu envie de travailler avec cette équipe.
J’ai une chance inouïe parce que pour mon premier projet hispanique, je suis plongé avec des acteurs incroyables, qu’on ne connait pas bien en France évidemment. Mais Lluis Homar (Grand Hôtel), un des acteurs d’Almodovar, Concha Velasco qui serait notre Catherine Deneuve, Vicente Romero (Celda 211), et évidemment Yon Gonzalez avec qui je fais équipe.

Ils ont tous été très accueillants et simples, notamment Yon avec qui on est devenu très ami quasi immédiatement. Il est à moitié fou, ça a collé tout de suite. Très passionné dans le travail, ce qui était agréable et important pour moi, de travailler en amont. Il m’a accueilli pas mal de dimanche après-midi avec sa famille, et j’ai aussi étudié avec un autre acteur espagnol Agustin, qui m’a coaché pour faire réduire l’accent et s’approcher au plus du personnage qui est sensé être moitié espagnol, en tout cas avoir vécu en Espagne.

5/ Crois-tu que Bajo Sospecha pourrait arriver un jour à la télévision française? 
Bambu est une des productions espagnoles qui fait le plus de choses en ce moment, et qui parvient à les faire voyager (surtout en Amérique du Sud, mais aussi en Italie et en France), comme par exemple pour les séries Refugiados, Velvet ou Gran Hotel. 

6/ Quelles sont les différences entre un tournage français et un tournage espagnol? 
L’un est en français, et l’autre en espagnol.
Sinon tout est presque pareil : silencio, motor y accion. Hecho.
Je plaisante bien sur, mais c’est difficile de faire des généralités, les conditions de tournage dépendent plutôt et surtout du scénario, ainsi que du budget d’un film ou d’une série, et enfin de la façon de travailler du réalisateur qui est le maitre à bord (ou des pratiques de la société de production).

7/ Tu interprètes à la fois un enquêteur et un médecin, comment as-tu préparé ce personnage? 
On a rencontré plusieurs services de police, pour la gestuelle surtout (façon de tenir une arme, lors d’une interpellation ou d’un assaut). Un légiste aussi, je suis pas non plus resté des heures dans une morgue, ça ne s’avérait pas nécessaire pour le scénario, heureusement parce qu’il y a plus réjouissant comme vous pouvez l’imaginer.

8/ Tu as dès le premier épisode des scènes d’action et notamment avec Yon Gonzalez, as-tu suivi un entraînement particulier? 
Oui, on a eu un paquet des sessions avec une sorte d’ancien légionnaire, un peu barjot et qui souvent voulait en faire plus que ce qui était écrit, c’était top pour nous, du coup on a appris pas mal de choses, et on a pu improviser un peu. Ce type de choses, c’est ce qui me plait le plus en général sur les tournages. Pour le projet de la BBC, j’avais perdu pas mal de kilos et je m’étais entrainé pendant un mois et demi avec des semi-pros de Charlton afin de savoir me débrouiller avec un ballon entre les pieds. J’étais sensé être une super-star, c’était donc le minimum pour que les quelques moments qu’on filme soient un brin crédibles. D’autant qu’on a shooté à la mi-temps d’un vrai match en plein stade d’Emirates, il valait mieux être un minimum à la hauteur. Pour Baron Noir / Republican Gangsters, (avec Nils Arestrup, Anna Mouglalis et Kad Merad notamment), qui va bientôt sortir sur Canal+, Eric Benzekri, un des auteurs avec JB Delafon, et ancien militant nous a raconté un tas d’histoires et nous a fait rencontrer plusieurs hommes politiques. Pour Chefs, c’était des entrainements de découpe et des sessions avec des grands de la gastronomie, notamment avec David Toutain qui est devenu un copain, c’est vrai que c’est génial d’avoir accès à tout ça, et c’est surement ce qui me plait le plus, de toucher à des univers très différents.

9/ Dès le premier épisode, on devine le côté séducteur de ton personnage, surtout envers Olivia Molina, est-ce qu’il en joue pour obtenir des indices sur cette enquête ? 
Pour être honnête, c’est vraiment pas ce qui est le plus développé chez lui, mais effectivement, que ce soit le personnage de Victor ou d’Alain, ils sont prêts à tout ou presque pour faire avancer leur investigation car les cadavres et les disparitions s’accumulent.

10/ As-tu des projets après Bajo Sospecha? Envisages-tu de continuer ta carrière en Espagne? 
J’aimerais bien partir en voyage je vous avoue. Mais on remet le couvert pour la série -Chefs- (avec Clovis Cornillac et Anne Charrier), et j’enchaine donc directement. 2016 va être très chargée. Au cinéma, plusieurs projets, notamment celui qui me tient le plus à coeur la version longue du voyage de Paul WR (voir la bande-annonce). A la télévision, la suite également de la série Arte -Au service de la France-. Ainsi que deux choses au théâtre, un seul en scène sur -un obus dans le coeur- de Wadji Mouawad, et un autre en fin d’année sur une pièce de Bernard-Marie Koltès -la nuit juste avant les forêts-.

En Espagne, j’avoue que je m’attendais à ce que la série emporte autant de succès, et encore moins d’autant de retours positifs de la presse et du public sur mon travail. Ça me touche vraiment d’autant que c’était beaucoup de travail sur la langue et qu’il y a eu des moments un peu durs, mais c’est top, au moins c’est pas un coup dans l’eau. Et oui, a priori il y aura d’autres choses; quand et quoi, c’est un peu tôt pour vous le dire.

Merci à Hugo Becker d’avoir accepté de répondre à nos questions ainsi qu’à l’agence Follow Friday. Vous pouvez suivre l’actualité d’Hugo via ses pages Facebook et twitter.

La série Bajo Sospecha est à suivre chaque mardi en prime-time sur Atresplayer à partir de 22h40. L’épisode est ensuite disponible en replay. 

Source : La Montée Ibérique – Crédit photo : Antena 3

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