Oubliez la romance adolescente de A travers de mi ventana. Dans « Esa Noche », le nouveau thriller psychologique de Netflix, Clara Galle s’émancipe de son image de « it-girl » pour embrasser un rôle complexe, sombre et viscéral. Accompagnée de Paula Usero et de Claudia Salas, ce trio affronte un sombre accident qui risque de détruire leur famille. Mais cette métamorphose est-elle vraiment convaincante… ou reste-t-elle inachevée ?

Depuis son explosion sur nos écrans en 2022, Clara Galle était restée, pour beaucoup, l’éternelle Raquel de la saga A través de mi ventana. Une icône de la « Gen Z », synonyme de romances solaires et de légèreté. Toutefois dans Ni una mas, elle avait montré qu’elle était plus qu’un jolie visage travaillant sur une histoire plus sombre en compagnie de sa con-soeur Nicole Wallace. Elle fait en ce moment un nouveau pas vers l’âge adulte avec « Esa Noche », la mini-série qui affole les compteurs de Netflix depuis le 13 mars 2026.
En effet, l’actrice navarraise de 23 ans opère un virage à 180 degrés. Elle y incarne Elena, une femme dont la vie bascule lors d’une nuit fatidique en République dominicaine…. Disponible sur Netflix depuis mars 2026, la mini-série s’impose rapidement dans le top des programmes les plus regardés.
« Esa Noche » : un thriller sous haute tension
Adaptée du best-seller de Gillian McAllister, Esa noche nous entraîne dans un décor paradisiaque qui bascule peu à peu dans le cauchemar.
Synopsis : Trois sœurs Elena (Clara Galle), Paula (Claudia Salas) et Cris (Paula Usero) partent en vacances sous les tropiques. Ce qui devait être un séjour de rêve tourne au drame lorsqu’Elena renverse accidentellement un homme sur une route déserte.Plutôt que d’appeler les secours, les sœurs choisissent le pacte du silence. Un choix qui va les poursuivre jusqu’en Espagne, déclenchant une spirale de paranoïa et de mensonges.
Au-delà de la performance de son trio d’actrices, la série brille par sa construction narrative. Le créateur Jason George (Narcos) utilise une structure en « puzzle » où chaque épisode revisite l’accident et ses conséquences sous un angle différent. L’ambiance claustrophobique, contrastée par la beauté sauvage des paysages dominicains puis le froid urbain de l’Espagne, renforce ce sentiment d’inéluctabilité. La question posée au spectateur est brutale : Et vous, jusqu’où iriez-vous pour protéger votre sœur ?
Clara Galle : plus qu’une révélation, une transformation ?
Le choix de Clara Galle pour porter ce projet n’est pas anodin. Dans Esa Noche, elle ne joue plus sur la séduction ou l’innocence. Elle incarne la culpabilité. Son interprétation d’Elena, une mère célibataire dévastée par son acte, demande une palette émotionnelle bien plus large que ses précédents rôles.
« Ça a été une expérience très particulière de travailler sur ce projet. Dès le départ, l’équipe artistique m’a mis un bébé dans les mains enfin, un faux bébé, mais incroyablement réaliste que je devais traiter comme s’il était vrai. On l’emmenait même au restaurant avec nous, on le mettait sur une chaise haute… »
Clara Galle lors de son entretien promotionnel au media Vertele
Le gros défi pour la comédienne était de montrer une facette plus mature d’elle-même. Il faut dire qu’elle enchaine depuis plusieurs années les rôles dans des fictions pour adolescents et notamment la série Ni une mas ou plus récemment Olympo.
« C’est un type de tournage que j’avais envie d’explorer, peut-être même inconsciemment, depuis un moment. Bien sûr, je suis très reconnaissante pour mes rôles précédents, qui s’adressaient à un public plus jeune, mais Esa noche s’inscrit dans un registre différent. Dès le départ, je savais que la série visait une audience plus large.C ela dit, ce rôle plus adulte n’a pas changé ma manière de travailler. J’ai toujours cherché à rendre mes personnages aussi matures et crédibles que possible. Je n’ai jamais minimisé un rôle sous prétexte qu’il s’adressait à un public jeune au contraire, je savais que cette audience attendait encore plus de réalisme. »
Aux côtés de Clara Galle, la série peut compter sur la justesse de Claudia Salas et Paula Usero, qui apportent chacune une nuance essentielle à ce trio de sœurs pris dans une spirale infernale. Déjà remarquée dans des registres intenses, Claudia Salas confirme ici sa capacité à incarner des personnages ambivalents, tandis que Paula Usero insuffle une sensibilité plus retenue, presque fragile, qui contraste avec la tension ambiante.
À leurs côtés, la présence de Pedro Casablanc, en participation spéciale, vient renforcer la dimension dramatique du récit. Habitué des rôles complexes, il apporte une gravité supplémentaire à l’intrigue, ancrant un peu plus la série dans un réalisme troublant.
La critique de la rédaction :
Le pitch avait pourtant de quoi séduire : trois sœurs unies par un secret inavouable après un accident mortel en République dominicaine. Sur le papier, Esa noche promettait une plongée psychologique dans la culpabilité et la paranoïa, portée par une narration fragmentée. Mais dès les premières minutes, le soufflé retombe. La série s’ouvre sur une enquête presque déjà bouclée, exposant immédiatement les contradictions des protagonistes. Le spectateur comprend très vite qu’elles mentent — et que l’accident cache une vérité plus trouble ce qui atténue en partie la tension attendue.
C’est peut-être là que Esa noche laisse une impression plus mitigée. La série intrigue, sans jamais totalement happer. Si le mystère reste suffisamment présent pour donner envie d’en savoir plus, notamment autour des secrets qui entourent cette fameuse nuit, l’ensemble manque parfois d’intensité pour réellement marquer.
Du côté des performances, Clara Galle peine encore à convaincre dans ce registre plus adulte. Son personnage, constamment à fleur de peau, oscille entre fragilité et tension permanente, sans toujours trouver le juste équilibre. Une interprétation qui peut laisser une sensation de décalage, comme si cette évolution arrivait encore un peu trop tôt dans sa trajectoire. Difficile, dès lors, d’adhérer pleinement à son personnage. À l’inverse, Paula Usero s’impose comme une vraie surprise. Avec un jeu plus nuancé, elle apporte une forme de sincérité et de retenue qui ancre davantage le récit. Son personnage, plus naïf en apparence, gagne progressivement en épaisseur et capte plus facilement l’attention.
Au final, Esa noche reste un thriller efficace, mais sans réelle prise de risque. Une fiction qui se regarde facilement, portée par un mystère suffisamment engageant, mais qui ne parvient pas totalement à tenir les promesses d’un drame psychologique intense. Plus proche d’un polar accessible que d’une série profondément marquante, elle laisse une impression contrastée : agréable, mais pas inoubliable.
