Présenté dans la section Un Certain Regard du dernier Festival de Cannes, Le Mystérieux Regard du Flamant Rose (La Misteriosa Mirada del Flamenco) s’impose comme l’un des films les plus singuliers et sensibles de cette édition. À l’issue de la projection, nous avons rencontré son équipe pour évoquer la genèse du projet, ses partis pris esthétiques et la manière dont le film conjugue tragédie, humour et regard politique.

Début des années 1980, dans le désert chilien. Lidia, 11 ans, grandit au sein d’une famille flamboyante réfugiée dans un cabaret aux abords d’une ville minière. Lorsqu’une mystérieuse maladie mortelle commence à se propager, une rumeur affirme qu’elle se transmettrait par un simple regard. Rapidement, la communauté devient la cible des peurs et fantasmes collectifs. Dans ce western moderne, Lidia défend les siens.
Rencontre avec l’équipe : Le Mystérieux Regard du Flamant Rose, un film entre résistance et tendresse
Nous avons rencontré l’équipe du film à l’issue de la projection. Dans un contexte de marathon promotionnel, les échanges ont pourtant laissé transparaître une chose essentielle : la sincérité du projet. Au cœur de la discussion, une idée forte revient : l’humour comme outil de survie. Si le récit s’inscrit dans une période marquée par la peur et la stigmatisation, il refuse pourtant le pathos. Le réalisateur Diego Cepedes revendique une approche où même les situations les plus sombres peuvent être traversées par le rire. Non pas pour en atténuer la gravité, mais pour en révéler l’humanité.
Les acteurs Matías Catalán Paula Dinamarca eux, évoquent un amour qui dépasse le cadre romantique : un attachement, un lien, une manière de protéger les siens. Cette dimension traverse tout le film. Derrière la menace invisible, derrière la violence diffuse, se dessine une communauté soudée, vibrante, profondément vivante. Le choix de confier le rôle principal à une enfant de 11 ans renforce cette authenticité. Son regard devient celui du spectateur, témoin d’un monde où les rumeurs peuvent détruire, mais où la solidarité demeure une force.
Notre critique : un western moderne d’une grande sincérité
Le Mystérieux Regard du Flamant Rose a été l’un de nos coups de cœur de la dernière édition cannoise. Non pas parce qu’il cherche à impressionner, mais précisément parce qu’il refuse l’esbroufe. Le film surprend par sa tonalité. On s’attend à une tragédie écrasante ; on découvre une œuvre traversée par la lumière. L’humour y est omniprésent, presque organique. Il ne nie jamais la violence, mais il la replace dans un mouvement plus vaste : celui de la résistance intime.
Visuellement, le long métrage emprunte certains codes du western : désert, isolement, tension latente pour mieux les détourner. Ici, le duel n’est pas frontal : il se joue dans les regards, dans la peur de l’autre, dans les fantasmes collectifs. Ce qui frappe surtout, c’est l’authenticité. Le film ne surligne jamais son propos. Il laisse ses personnages exister, aimer, douter. Il donne à voir une communauté trop souvent caricaturée, avec pudeur et dignité.
En salles, Le Mystérieux Regard du Flamant Rose mérite d’être découvert sur grand écran. Pour son atmosphère singulière, pour la justesse de ses interprètes, et pour cette manière rare de conjuguer humour, drame et humanité.
A voir aussi notre émission spéciale Festival de Cannes. Le long-métrage le mystérieux regard du flamant rose est disponible dans les salles françaises et on ne peut que vous inviter à découvrir ce film qui vous donnera une autre image du Chili.
