Fernando Gil est l’un des acteurs espagnols que le public reconnaît instantanément… sans toujours connaître son nom. Pourtant, depuis plus de vingt ans, il enchaîne les rôles à la télévision, au cinéma et sur les plateformes, construisant une carrière solide et discrète.

Aujourd’hui, il est impossible de parler de lui sans évoquer Pedro Aguilar, l’un des personnages centraux de Machos Alfa, dont la saison 4 arrive sur Netflix. Une série qui a marqué un tournant décisif dans sa trajectoire et l’a enfin propulsé sur le devant de la scène .Voici 5 choses à savoir sur Fernando Gil, notre macho alfa préféré.
1. Fernando Gil a incarné… le roi d’Espagne :
Avant de déconstruire la masculinité toxique dans Machos Alfa, Fernando Gil a incarné l’une des figures les plus institutionnelles du pays : le roi Felipe VI.
En 2010, il prête ses traits au futur souverain dans la mini‑série Felipe y Letizia, un rôle aussi prestigieux qu’exigeant. L’acteur a raconté que, sur le tournage, l’équipe lui demandait de rester “royal” même hors caméra : posture droite, port de tête impeccable, attitude contenue… tout devait contribuer à préserver l’illusion.
Fernando Gil confiait avec humour que le plus fatigant était de devoir « tenir son cou comme un aristocrate » toute la journée. Un rôle très exposé médiatiquement, qui lui a apporté une reconnaissance nationale immédiate, mais aussi un certain vertige, tant l’incarnation d’un futur roi impliquait une pression symbolique rare pour un acteur.
2. Plus de 20 ans de carrière… et un parcours loin d’être linéaire
Contrairement à ce que l’on pourrait croire, le comédien ne se destinait pas du tout au métier d’acteur. Il commence par étudier la sociologie à Madrid, avant de prendre une décision radicale : tout quitter pour tenter sa chance dans l’acting. Dans une interview, il résume ce moment charnière par une phrase devenue emblématique : « Je plaque tout pour mon rêve. » S’ensuivent alors des années de travail acharné, marquées par une succession de petits rôles, d’apparitions récurrentes et de projets parfois confidentiels.
Depuis 1997, il travaille sans interruption, construisant une carrière solide et discrète. En Espagne, son visage est familier depuis longtemps grâce à de nombreuses séries populaires, parmi lesquelles : Hospital Central (son premier rôle important), La que se avecina, El Príncipe (saison 2) ou encore Anclados.
Par conséquent, on peut légitimement dire qu’il fait partie de ces acteurs que le public espagnol connaît « depuis toujours », sans forcément pouvoir mettre un nom sur leur visage… jusqu’à ce qu’une fiction apparaisse et bouscule ses plans…
3. Machos Alfa est arrivé au moment où il pensait arrêter
C’est sans doute l’anecdote la plus révélatrice de son parcours. Dans une interview accordée à Okdiario, Fernando Gil avoue que Machos Alfa est arrivé « cuando casi tiraba la toalla », au moment où il s’apprêtait presque à jeter l’éponge.
Après plus de vingt ans de carrière, l’acteur traversait une période de doute car malgré une large filmographie, il n’avait plus de rôle réellement phare. De plus, il avait l’impression d’avoir tout essayé sans jamais franchir un cap décisif et d’être désormais dans un milieu audiovisuel espagnol extrêmement compétitif. Ce constat sur sa carrière se fait au moment où sa vie personnelle est chamboulée. En effet, la naissance de sa fille, qui l’a amené à réévaluer ses priorités. D’ailleurs, lui‑même explique que devenir père l’a poussé à « revisar su macho alfa », bien avant d’incarner Pedro Aguilar à l’écran.
4. Pedro Aguilar, le rôle qui a tout changé
Avec Pedro Aguilar, il trouve enfin un personnage à la hauteur de son parcours. Ce rôle lui offre une visibilité internationale grâce à Netflix et surtout la possibilité de s’épanouir dans la peau d’un personnage complexe, à la fois drôle, fragile et profondément humain.
Très vite, la série devient un phénomène culturel bien au‑delà de l’Espagne. Pedro n’est ni un héros classique, ni une caricature. Il se trompe, doute, bafouille, échoue et c’est précisément ce qui le rend si crédible. Ce rôle a littéralement relancé la carrière de Fernando Gil et lui a redonné confiance, au moment où il envisageait sérieusement d’arrêter.
5. Sur Machos Alfa, il a dû apprendre à jouer… moins bien
Dernière anecdote savoureuse : sur le tournage de Machos Alfa, Fernando Gil a dû désapprendre certains réflexes de comédien. Il raconte que les frères Caballero lui demandaient souvent de jouer moins propre, moins carré, parce que Pedro est un personnage maladroit, qui se trompe et n’ose pas. « Non, non… fais‑le plus humain, plus foireux. »
Une demande à contre‑courant de ce que l’on attend habituellement d’un acteur, et qui l’a beaucoup amusé. Autre difficulté (ou plaisir) du tournage : garder son sérieux face à Gorka Otxoa (Santi). Fernando Gil a avoué que leurs scènes étaient celles où il éclatait le plus souvent de rire, au point de devoir refaire plusieurs prises à cause de leurs fous rires incontrôlables.
Avec Machos Alfa, Fernando Gil n’a pas seulement trouvé un rôle populaire : il a trouvé le rôle juste, en phase avec son âge, son parcours et ses questionnements personnels. De roi d’Espagne à macho en pleine déconstruction, son chemin raconte aussi celui d’une génération d’acteurs talentueux, longtemps dans l’ombre, et enfin mis en lumière au bon moment. Et si Pedro Aguilar touche autant le public, ce n’est sans doute pas un hasard.
